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mardi 5 décembre 2017

Un ours rentrait dans sa tanière...

Voici une nouvelle comptine russe adaptée pour les éditions Lirabelle.
Je viens de recevoir la version kamishibaï qui est magnifique. Le livre ne saurait tarder. Il se termine chez l'imprimeur.






Il est illustré par Bruna Barros, avec qui j'ai déjà le bonheur de partager Un sapin.
Quelques photos:



Pour mémoire, une petite photo du sapin
http://www.lirabelle.fr/produit/un-sapin/
Et pour les amoureux du russe, comme moi:

dimanche 3 décembre 2017

Chilala et Amarok

Le voici arrivé l'opus sur les Indiens cherokees. Illustré en linogravure par la formidable Xavière Broncard, Le grand départ raconte ce moment d'exil que les cherokees ont dû endurer en 1837.
J'ai choisi d'écrire cela comme un conte et de privilégier la dimension onirique pour raconter la vie de deux jumeaux, Chilala et Amarok.

L'histoire commence ainsi: Dans les forêts du Tennessee, un soir de lune rousse, une jeune Indienne accoucha de deux enfants. Elle serra dans ses bras le premier et le nomma Amarok, – loup, dans la langue cherokee –, parce qu’il avait déjà une dent à sa naissance et paraissait prêt à dévorer la vie. Elle appela sa sœur Chilala, – oiseau de neige –, parce qu’il avait neigé ce jour-là et qu’elle était aussi légère qu’une plume.


Pour découvrir le livre:


Pour tous ceux qui souhaitent découvrir ce qui s'est passé sur la piste des larmes...

Le livre sort en couverture souple, afin d'être proposé à un prix plus faible aux écoles. Il diffère en cela des deux premiers opus de la collection.

lundi 20 novembre 2017

Poilus camouflés !

Mon atelier à Gignac est fini. Promo d'élèves que j'ai eu la chance de suivre plusieurs années et à laquelle je me suis attachée. Voici leur texte, toujours sur ce thème passionnant du camouflage pendant la Première guerre mondiale dont je ferai ensuite un ouvrage personnel.
Merci mille fois aux enseignants et aux écrivains pour ces beaux moments passés en votre compagnie!
Voici la vie de Jules-Victor Fabre, notre peintre de Montpellier.




Je me souviens de ma mère aux cheveux bouclés et de sa peau qui sentait la cannelle.
De mon cousin à qui je rendais visite par les jours d’orage. De ces jeux de guerre avec les copains sans que nous n’ayons jamais eu l’idée de ce que cela pouvait vraiment être.
De mon cerceau qui tombait, celui de ma sœur roulait habilement entre ses doigts.
De cette fille aux longs cheveux couleur gingembre et aux grands yeux océan.
Des jours couleur de poussière.
Du tic-tac envoûtant de l’horloge en bois.

De l’odeur des bons points.
De mon ours blanc câlin.
Des disputes furieuses de mes parents.

Des billes offertes par mon père qui fusaient sur le parquet.

Je me souviens du coffre dans lequel je dissimulais mes premiers pots de peinture.

Mes talents de peintre, je les cachais sous mon lit : mes parents voulaient que je sois comme les autres.

Je me souviens de cette pièce-là où avec mon cousin, tous les deux, on dessinait des tableaux à l’odeur de monde. Je n’avais pas encore de pinceau, mais ça ne m’empêchait pas de dessiner des formes avec mes doigts couverts de peinture.
Des tableaux accrochés aux murs de la chambre de mes parents.
Il y avait ce moulin dont je faisais toujours tourner les roues dans ma tête.

Des couleurs de ma première palette
Depuis ma fenêtre, j’avais dessiné une rue commerçante ; mais je l’avais peinte vide, sans vie. Généralement, il y a toujours une foule de monde se ruant dans les boutiques, très pressés. Là, rien. Les boutiques étaient vides et les magasins fermés.

Mon père collectionnait les œuvres d’art. Il ne m’a jamais offert de toile. À dix-huit ans, il m’a légué un pistolet. Il savait peut-être de quoi serait fait le monde.
Car la guerre murmurait déjà et je ne l’entendais pas.

Un matin ordinaire, sans savoir pourquoi j’ai dit :
Père, mère, j’ai à vous parler. J’ai pris une décision très importante et qui me tire les larmes rien que d’y penser. Je pars. À Paris. Pour devenir peintre. Vous serez fiers de moi. Ma valise est presque prête. J’emporte mes toiles vierges. Je partirai dès demain.

Paris.
J’étais venu avec mes rêves et mes illusions.

Au milieu des rues, j’aperçois deux enfants qui jouent à cache-cache. Comme mon cousin et moi.
Je vois la ville merveilleuse,
Des boulevards sans fin.
Des cafés bavards.
Des jardins à perte de vue.
Des spectacles époustouflants.
Des vendeurs ambulants
La vie folle et rieuse.
La ville folle et heureuse.


Dans mon atelier, je découpe des feuilles. Je sors mes crayons pour promesse d’avenir. Je peins mon rêve. Ma palette pour choisir mon futur, ma toile pour y dessiner mon imagination. Mes couleurs vives et pastel n’ont pas changé, contrairement à moi. J’ai dix-huit ans.
Je dépose du bleu avec mon pinceau. Je me souviens de la mer, du bruit répétitif et apaisant des vagues qui se fracassent contre les digues. Je peins des bâtiments. Pour vivre à Paris, quoi de mieux que d’en peindre les merveilles ? J’éparpille des journaux sur le sol. Je remplis un verre d’eau pour laver mes pinceaux et je les tourne longuement, en faisant un petit tourbillon pour changer la couleur de l’eau qui en deviendra trouble.
Ma palette s’est déjà transformée en une mer multicolore.
Je marche sur mes pinceaux. J’ouvre la fenêtre pour trouver l’inspiration et dénicher de nouvelles idées. Je sors mes craies et mes fusains pour dessiner la fumée du train que je prendrai peut-être pour me rendre à ma première exposition.
Mon sujet : mon humble atelier de peintre.


Tous les matins, je découpe les petits boulots dans les journaux au cas où j’échouerais.


Je sors de ma première exposition. Le public ne m’a pas compris. Ils m’ont pris pour un fou, parce que ce que je dessine n’est pas réaliste, mais moi j’ai toujours aimé être différent. J’erre dans les rues de Paris qui paraissent si sombres à présent.
Je suis plongé dans mes idées noires, une sonnerie me ramène à la réalité.


Le tocsin.


Je suis venu pour être peintre et je serai soldat.


Chaque jour, la mort se rapproche de moi. Les abeilles rôdent et font de nouvelles victimes. Les combats sont tellement violents qu’on a oublié pourquoi on se bat. Les marmites pleuvent dans une averse de sang. Les obus démembrent et pulvérisent mes camarades.
Voir, sans être vu, c’est mon objectif. Cacher les autres, les dissimuler des ennemis. Camoufler.
Parfois, je suis à l’arrière. De si loin, on n’entend rien : ni le charabia allemand ni les balles. On est incertains de la conclusion. Le doute me dévore. Je peins, par instinct. Je mets une couleur, plutôt qu’une autre. Je ne sais plus quoi faire.
Je crée des illusions.
Du haut de cette colline, j’observe attentivement mon trompe-l’œil. L’ennemi avance. Il n’a pas encore découvert ma ruse. Un frère d’armes s’est caché dans un arbre, à moitié fendu. Pour cause, un résidu d’obus lui a arraché ses branches. J’entends des bruits de pas, des branches qui craquent et je vois des silhouettes se dessiner dans la nuit noire. La peur s’empare de moi. Mon cœur s’emballe à l’idée que mon plan pourrait échouer. Mes camarades sont cachés sous la terre. Tout à coup, les bruits de pas s’arrêtent. Mon souffle se coupe. Une voix chuchote : « C’est un leurre ». En une fraction de seconde, tout dérape. Des tirs s’échangent. Des cris retentissent. C’est encore le chaos.


J’ai fabriqué avec du plâtre, une centaine de têtes que j’ai peintes. Elles ressemblaient à de vrais visages humains. J’étais si fier de moi. Les boches n’auraient plus qu’à vider leurs balles sur ce qu’ils pensent être nous. Et les camarades n’auraient plus qu’à les attaquer par-derrière. J’ai oublié la pluie ! Cette foutue pluie qui ruine tout. Les têtes en plâtre et les peintures se sont décomposées. Je pense à ce moment-là être devenu blanc comme la mort qui frappait les autres. À travers les trombes d’eau qui tombaient du ciel, ou de mes yeux, j’ai vu mes frères de guerre, mes amis, mourir.
Mon œuvre de guerre est un panier d’échecs, une collection de tableaux ratés.


Le combat cesse enfin. Je suis encore là. En vie, même si mon corps me lâche. En face de moi, un homme sale, à moitié défiguré. Cet homme qui me fixe dans la boue, c’est un ami, un de mes plus vieux amis. Charles. Au milieu de la boue, je me précipite dans ses bras.
Si on m’avait dit que je te retrouverais là, après tant d’années.
Tu crois qu’on va s’en tirer ?
J’en suis certain.
Il est blessé à la jambe. J’attrape son bandage pour arrêter l’hémorragie.
Qu’est-ce qu’on fera quand on sera libres ?
Je le regarde interdit. Étrangement, je n’ai pas de réponse à cette question.
Mais Jules, insiste-t-il, tu n’as jamais pensé à la suite ?
Je me trouverai une femme.
Tu seras le parrain de mon premier enfant.
Je deviendrai un grand peintre. Je charmerai tout Paris avec mes œuvres. Au fond, mes parents ne m’ont jamais vraiment aimé pour ce que je suis, mais j’irai tout de même les serrer dans mes bras. Il n’y a rien de pire que le manque d’amour.
Mon cœur est vide. Je ne ressens plus rien. La guerre me vole mes forces, ma joie et la beauté. Tout. Quand je repense à ma vie d’avant, cela me donne envie de ricaner.
Charles, accroche-toi à la vie !
Tu sais qu’on va mourir ? Tu sens qu’elle nous frôle ?


Il est mort, devant mes yeux. Les autres diront qu’il est mort courageux, et héroïque ; mais il n’y a rien de courageux, mourir c’est facile et ça libère ! Alors pourquoi ne nous précipitons pas tous à découvert entre deux tranchées, pour nous libérer de l’angoisse !


Maintenant je suis seul, entouré d’autres peintres, d’autres hommes. Je dois rendre les tenues de mes camarades plus discrètes, leur éviter la mort. C’est dur d’assurer ce travail. Je porte la vie des autres sur mes épaules. Aujourd’hui, je dois peindre, peindre encore. En marron pour ceux qui se cacheront dans la boue. En gris, couleur barbelé. Je fabrique de faux arbres, de faux corps. Je n’en peux plus des balles, des bombes qui fusent.
Jeudi, les éclairs sont tombés sur les guérites et j’ai vu les hommes tomber et mourir. Et je me suis dit que tout cela était de ma faute.


On entend le coup de sifflet, l’ordre de brandir notre baïonnette, on se regarde tous et on y va, on monte l’échelle, on regarde les soldats en première ligne. Des obus partout. Mes oreilles sifflent. Pluie de boue et de sang. Devant, derrière, on trébuche sur les morts. J’agrippe mon fusil et je le serre de toutes mes forces. J’inspire profondément. Devant nous un champ de corps morts pris dans la boue ; je ne distingue plus personne, mais j’avance. Mon cœur s’emballe. Je me cache derrière un cadavre. Et ce bruit sourd des obus qui nous tue les oreilles.
On se précipite tous, on court, on trébuche, on esquive les barbelés, les éclats d’orage se confondent avec ceux des obus.
Des nuages de poussière et de terre nous aveuglent. La terre dans mes yeux, je ne vois plus rien, je n’entends plus rien. L’horreur des membres déchirés, explosés. Des marmites tombent partout, la terre se soulève, on court, on avance, j’ai envie que les canons ferment leurs gueules.


Puis on est tapis dans les tranchées. Chacun prie intérieurement pour qu’aucun obus ou éclat ne les touche. La peur nous envahit, la peur de crever qui nous fige. Mes oreilles sont inconscientes, comme secouées par un bateau qui tangue sur la mer.
Pour tromper la mort, on joue aux cartes et on boit.
Je suis enterré dans ma tranchée avec ma compagnie, enfin ce qu’il en reste. J’ai peur, je tremble, mon cœur bat toujours plus vite.
Un rat se promène dans ses boyaux. Je régurgite mes tripes. Lorsque l’artillerie a fini son concerto de la mort, l’officier siffle et on court. On zigzague, on patauge, on meurt par centaines, on marche sur les blessés. Pantelants et inanimés.
Des cadavres, de la boue, le sang, le bruit des balles, les obus, mes camarades déchiquetés, cette gadoue gluante, c’est ce que j’ai décidé de dessiner. Je veux peindre la mort, cet étrange monde que tout le monde redoute. Je veux m’en aller je veux partir, je veux mourir.
Parfois, on écrit des lettres d’adieu à nos familles. Je vois mes compagnons qui écrivent comme moi. On doit sûrement écrire la même chose. On est tous serrés dans un trou, on fait ce qu’on peut pour laisser la place aux autres. Je dessine peut-être mon dernier croquis. J’ai peur de vous perdre.
Je suis assis au milieu de la boue et du sang et des larmes dégringolent sur mes joues. Le ciel en éruption m’hypnotise. Je sens un souffle derrière moi, je me pétrifie. Ma main tremblante saisit mon arme, j’allais tirer quand je m’aperçois que c’était seulement un cheval. Je m’approche de l’animal, peut-être à cause de l’angoisse, peut-être parce que je deviens fou, je me mets à lui parler.
Tu m’as fait peur abruti ! Tu ne peux pas comprendre, toi, tu es là, tout seul à nous regarder nous battre dans le chaos. Tu crois qu’on va s’en sortir ?
Ah, je deviens fou, à présent, je parle à un cheval ! Je vais t’apprendre à parler ! Tu pourrais peut-être m’apprendre le cheval ?
Je vais partir rejoindre la mort… de toutes les façons, on va tous mourir un jour, pourquoi pas maintenant ou demain. Je ne sais pas. Le destin choisira pour nous, et puis ce ne sera pas la première fois, regarde ! même le ciel étoilé est caché par ces nuages gris obus.
Non, reste
Toi, tu es bien, tu manges à ta faim ? Tu bois, tu dors, quelle belle vie !
T’aimerais me manger ?
Mais tu parles démon ! Voilà que je discute avec un cheval ! Foutues hallucinations ! Je me demande comment on va mourir, si ce sera affreux, si on ne souffrira pas trop...
Une bombe explose comme une réponse à ma question.
Prends mon arme, tue-moi, je pourrai rejoindre Charles et peindre avec lui pour l’éternité !
Je deviens fou. Il ne manquerait plus qu’il me réponde.
Une nouvelle pluie d’obus déferle et je me rends compte que je suis sur le champ de bataille.
Emmène-moi avec toi, je t’en prie ! Je veux rentrer à la maison, viens avec moi.
Tu hennis ? Est-ce cet obus qui t’a effrayé ? Ou est-ce toi qui me réponds ?
Je parle seul, au beau milieu de la nuit, je ne vois rien à part deux billes qui me fixent dans le noir obscur. Suis-je fou ? Mes yeux ont disparu. Je ne sens plus mon corps. Serait-ce un cauchemar ? Non, je veux crier, je veux pleurer, même une seconde. Est-ce moi qui pense ? Je n’ai plus aucune conscience de moi. Ce cheval est-ce mon âme ?
Je m’aperçois que je parlais à un cheval mort.


Je vais mourir, c’est une certitude. Ce sont mes derniers mots. Je suis accusé d’avoir déserté. En réalité, mes camarades et moi mourions de faim et de soif. J’ai pris l’initiative d’aller au ravitaillement. Je savais ce que je risquais, mais je l’ai fait pour eux, pour qu’ils vivent, qu’ils puissent revoir leur femme une dernière fois.
Moi, je n’en ai pas. Comprenez-moi. Pardonnez-moi.
C’est étrange de regarder et d’admirer mon dernier coucher de soleil. J’adorais les peindre. C’est drôle, tout le monde dit qu’avant la mort, on revoit sa vie défiler, mais moi je ne verrai qu’une arme pointée sur mon front.
J’aurais pu mourir avec fierté, mais je suis mort de honte.
Je ne vous reverrai plus que dans mes souvenirs. Je suis vide de sentiments, comme si j’étais déjà parti.
Je serai fusillé demain matin.
Ma sœur ne m’oublie pas et n’oublie pas que je ne suis pas mort en lâche, mais en héros.
Je t’aime. Je vous aime.


samedi 11 novembre 2017

miracle technologique...

Ami(e)s auteur(e)s, qui comme moi êtes des adeptes de la technologie, je vous livre ici une prouesse technique en construction, une merveille cybernétique inachevée, promesse d'une visibilité mondiale sur la planète de la littérature jeunesse... ce site flambant neuf, flambant lacunaire pour le moment, dédié aux mots que je sème de-ci, de-là





mardi 31 octobre 2017

La littérature jeunesse entre à la Sorbonne aussi

Me voilà repartie sur les bancs de la Sorbonne, cette fois, pas pour y écouter des leçons de philosophie, mais pour y parler littérature jeunesse.
C'est émouvant de voir des universitaires prêter attention à la prose sans prétention que nous incarnons avec passion...et sans grande considération d'ordinaire. 
Je viendrai donc parler avec grand plaisir de Mon cher Molière, paru aux éditions Bulles de savon. 
Un livre que je suis ravie d'avoir écrit pour une si belle maison d'édition. 
Merci à Bénédicte Louvat-Molozay qui m'a invitée à la rejoindre à ce colloque. 



Voici le programme: 

Mercredi 8 novembre ! Amphi Liard 
10h00 Ouverture Molière vu par les biographes et les anecdotes Présidence de séance : Emmanuel Bury 
10h10 Georges Forestier (Université Paris-Sorbonne) Si Molière m'était conté… de son vivant 
10h30 Laurence Macé (Université de Rouen) Avec approbation et privilège du Roi : écrire la Vie de Molière sous le regard de la censure Présidence de séance : Karine Abiven 
11h30 Jean-Yves Vialleton (Université Grenoble Alpes) La nourriture des morts : de Molière à Bergotte 
 11h50 Hélène Thil (Université Paris-Sorbonne) Le motif du chariot dans la représentation littéraire de la troupe de Molière 

 Molière pour la jeunesse Présidence de séance : Martine Jey 
14h30 Bénédicte Louvat-Molozay (Université Toulouse – Jean Jaurès) Les romans de monsieur de Molière : variations et invariants dans les romans à destination de la jeunesse 
 14h50 Rencontre avec Isabelle Wlodarczyk à propos de son ouvrage Mon cher Molière (éditions Bulles de Savon, 2017), animée par Bénédicte Louvat-Molozay 15h20 Fiorella di Stefano (Università per Stranieri di Siena) Molière en petit : théâtre et fictions de jeunesse dans Louison et Monsieur Molière de Marie-Christine Helgerson (2001) Rencontre avec Éric Ruf et Agathe Sanjuan 

16h40 Rencontre avec Éric Ruf (comédien et metteur en scène, administrateur général de la Comédie-Française) et Agathe Sanjuan (conservatrice-archiviste à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française), animée par Georges Forestier

mercredi 25 octobre 2017

L'arbre aux fruits amers - deuxième édition

L'arbre aux fruits amers vient de sortir dans une nouvelle édition. Cet ouvrage sorti en 2012 connaît donc une seconde vie, avec des petits remaniements dans le texte, souvent nourris par les remarques des enfants rencontrés dans les collèges et lycées.
Ce livre raconte l'histoire de James Cameron, un homme lynché dans les années trente aux Etats-unis, au temps de la ségrégation. Ce fait divers a inspiré la fameuse chanson Strange fruit, interprétée notamment par Billie Holiday et Nina Simone. Et depuis cinq années, je ne me lasse pas de le raconter aux adolescents...


vendredi 13 octobre 2017

Le retour des poilus en tenue de camouflage

Me revoici parmi l'équipe (formidable ) de profs et documentaliste de Gignac pour faire écrire à nouveau les élèves de troisièmes sur les poilus. Ce projet initié en 2014 se poursuit jusqu'en 2018 et cette année, nous avons choisi de travailler sur l'histoire du camouflage à travers l'histoire d'un peintre qui a vécu à Montpellier et qui est parti au front. Nous continuons à faire écrire deux classes, nous sommes toute une petite équipe et réalisons un roman graphique constitué de papiers découpés à l'image du cubisme. Les peintres ont eu un rôle dans le camouflage pendant la première guerre mondiale.
Pour plus d'infos: sur le camouflage


Moment de grâces rares dans les ateliers d'écriture, je vois des enfants commencer à aimer ce qu'ils écrivent et je vous en livre le début.
Je me souviens de ma mère aux cheveux bouclés et de sa peau qui sentait la cannelle.
De mon cousin à qui je rendais visite par les jours d’orage. De ces jeux de guerre avec les copains sans que nous n’ayons jamais eu l’idée de ce que cela pouvait vraiment être. De mon cerceau,il tombait, celui de ma sœur roulait habilement entre ses doigts.
De cette fille aux longs cheveux couleur gingembre et aux grands yeux océan.
Des jours couleur de poussière.
Du tic-tac envoûtant de l’horloge en bois.

De l’odeur des bons points.
De mon ours blanc câlin.
Des disputes furieuses de mes parents.
Des billes offertes par mon père qui fusaient sur le parquet.

Je me souviens du coffre dans lequel je dissimulais mes premiers pots de peinture.

Mes talents de peintre, je les cachais sous mon lit : mes parents voulaient que je sois comme les autres.

Je me souviens de cette pièce là où avec mon cousin, tous les deux,on dessinait des tableaux à l’odeur de monde. Je n’avais pas encore de pinceau, mais ça ne m’empêchait pas de dessiner des formes avec mes doigts couverts de peinture.
Des tableaux accrochés aux murs de la chambre de mes parents. Il y avait ce moulin dont je faisais toujours tourner les roues dans ma tête.
De l’odeur de ma première palette
Depuis ma fenêtre, j’avais dessiné une rue commerçante ; mais je l’avais peinte vide, sans vie. généralement, il y a toujours une foule de monde se ruant dans les boutiques, très pressés. Là, rien. Les boutiques étaient vides et les magasins fermés.

Mon père collectionnait les œuvres d’art. Il ne m’a jamais offert de toile. A dix-huit, il m’a légué un pistolet. Il savait peut-être de quoi serait fait le monde. Car la guerre murmurait déjà et je ne l’entendais pas.


vendredi 1 septembre 2017

Rororiro!

Le voici tonitruant cet étrange coquelet qui vient de sortir de sa basse-cour!

Né d'un voyage en train, (un retour de salon) d'un grand fou rire, cet album vient d'arriver dans toutes les bonnes librairies.
Il a été écrit avec mon amie Emmanuelle Figueras, illustré par la très talentueuse Xavière Devos et paraît aux éditions Circonflexe.
Rororiro raconte l'histoire d'un petit hérisson égaré qui se refugie dans une basse-cour. Le malheureux orphelin trouve difficilement sa place auprès de Suzie, une poule un brin revêche. C'est ce mutuel apprivoisement que nous vous livrons dans cet ouvrage assez tendre, écrit avec le sourire!
En voici quelques extraits:





Et d'autres sur le site de l'éditeur:ici

mardi 18 avril 2017

Où Molière marche les pieds en parenthèse...

Me voici plus que ravie, je viens de recevoir mes exemplaires de Mon cher Molière qui sera très bientôt disponible en librairie..Mon cher Molière n'est pas un livre parmi d'autres pour moi, c'est un long travail mené autour de mon auteur de théâtre fétiche, une version littéraire d'une thèse que je n'ai jamais soutenue - mais que j'ai pourtant écrite -, le fruit d'un amour pour les mots du 17ème siècle et un grand bonheur à me plonger dans la vie d'un homme très énigmatique....car, de Molière nous savons peu. Pas de manuscrits....pas de confessions....rien de sa plume, hormis des traces de passages dans les provinces du Sud et d'ailleurs.
Je suis d'autant plus heureuse que ce livre sort aux belles éditions Bulles de savon que je vous recommande fortement.
Voici la couverture du livre:
Dans ce livre, vous saurez pourquoi Molière marche parfois les pieds en parenthèse, pourquoi il gratte du peigne à la porte du roi, pourquoi il préfère manger de la viande plutôt que de boire du lait et découvrir les dangers à contrefaire le mort...plus sérieusement, vous suivrez Molière dans ses déambulations, ses longs voyages à travers la France où il rencontra des amis pour la vie, des femmes aimées follement et des rivaux de plume avec lesquels il vécut des guerres intestines.
 Et puis, je ne résiste pas à vous faire re-découvrir ce court extrait du célèbre film d'Ariane Mnouchkine qui personnellement me fait toujours pleurer!

samedi 15 avril 2017

La peinture d'Uchiki

Merveille absolue de Xavière Broncard, la Peinture d'Uchiki vient d'arriver chez moi. Un travail de longue haleine autour de la mystérieuse montagne bleue qui m'a animée à une époque. Dans toutes mes histoires, il s'agit de calligraphes inspirés des énigmatiques trois pinceaux japonais.
Voici des extraits du travail de Xavière que je trouve époustouflant!
Merci à elle et aux belles éditions A pas de loup qui ont fait le choix d'accueillir notre projet.





mardi 10 janvier 2017

Romans très courts!

Au mois de janvier sortent des romans très courts:
L'histoire d'une petite fille qui se trouve trop grande aux belles éditions SAMIR




L'histoire d'un vieux renard plus que rusé avec la malice de Carine Hinder


L'histoire de Cléopâtre...qui n'était pas seulement une grande séductrice aux dents longues, illustrée par la grande Clémence Pollet

mercredi 4 janvier 2017

LES ALBUMS DE L'HISTOIRE

Pour bien commencer l'année, des nouvelles de la collection Les albums de l'Histoire - une collection qui tente d'interroger l'Histoire plutôt que de la relater sous la forme d'une collection de faits...

Avec des articles de la revue NVL sur les deux titres parus:





L'opus suivant traite de la guerre d'Espagne, illustré par Clémence Pollet. Il parle plus précisément de la Retirada des enfants en retraçant l'histoire d'un arbre, symbole de résistance, tandis que le quatrième évoque l'exil des Indiens Cherokees. Illustré par Xavière Broncard, il ressemble à un conte...

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