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lundi 29 février 2016

Carnets de poilus...(part 1)




Cet hiver, au collège de Montagnac, nous avons écrit des carnets de poilus. J'avais mené cette expérience l'année dernière au collège de Gignac (on peut lire les carnets ici ). 

Je souhaitais vous donner à lire des extraits de textes des élèves. Ils ont admirablement écrit!

Merci à Nathalie Sèbe, leur enseignante de français et à leur documentaliste de m'avoir accompagnée dans cette aventure.

 Voici la première partie..la suite, dans quelques jours!

La mobilisation

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"Le tocsin sonne. La mobilisation est annoncée. C'est la guerre."

"Je suis heureux de défendre mon pays, mais je repense à vous et mon coeur s'accélère. J'ai préparé mes affaire, mon sac est bien léger. Sur le quai de la gare, les familles pleurent et les soldats retiennent leurs larmes. J'aurais voulu te revoir une dernière fois avant de partir, mais tu accompagnes ton frère. Lui aussi part à la guerre".


Les tranchées 

 "12 octobre 1914.
Les Allemands s'enterrent et on nous demande de faire de même, si bien que quand on sort la tête de ce qu'ils appellent la tranchée, on voit un terrain vierge de tout ennemi, mais plein de cadavres camouflés par la terre ou enfouis dans des trous d'obus".
"Je suis nommé officier du 17ème régiment d'infanterie et tous mes hommes sont terrorisés. Moi, je redoute les attaques, ces assauts mortels que je dois mener. La peur me noue les entrailles, me fait bégayer car j'ai reçu l'ordre d'attaquer les positions stratégiques allemandes et on pilonne depuis trois jours.
"Le bruit de la guerre nous empêche d'entendre les autres"
"Et les trous d'obus déjà remplis de morts".

"ça y est. C'est parti, c'est l'assaut. Des centaines de soldats sortent des tranchées, comme un flot, vomissant, grouillant, bleu, sale et pâle. Je cours, de trou d'obus en trou d'obus. Je manque de m'enliser. Une balle crève ma godasse. Mes oreilles sifflent, ma tête bourdonne.".

Afficher l'image d'origine"ça pleut de partout! Un bain de cadavres. J'ai tout juste le temps de me cacher dans un boyau. Je n'ose pas bouger. Autour de moi, des bras, des jambes, des corps décomposés."
"Le bruit assourdissant des obus qui continuent de tomber, sans arrêt. Le pire moment, c'est justement le silence qui annonce une autre attaque".
"ça tombe devant, derrière, à côté! à chaque fois, on échappe de peu à la mort! Mais on le sait, notre tour viendra et bientôt on gisera dans la boue!"
"On me donne du vin et je fais mine d'être habitué, mais en vérité je n'en ai jamais bu auparavant! Je ne me sens pas bien. J'ai peur. Je vois des aigles tomber du ciel et s'écraser sur nos camarades alors je cours pour leur échapper. Un rapace m'attrape et m'entraîne avec lui..."
"on se bat contre qui nous? Et ceux d'en face, est-ce qu'ils se posent la même question?"
 "Courir, plonger, se relever, esquiver les abeilles qui bourdonnent à mes oreilles.
"Une lumière apparaît sur le champ de bataille. Au loin, j'aperçois ma mère - elle est morte pourtant d'une maladie dont j'ai oublié le nom. Du haut de mes 4 ans, j'ai gardé en mémoire son image. C'est elle là, elle me fait signe de venir".


"Mon régiment s'engouffre dans le No man's land. Je suis emporté par la cohue. J'évite les obus, les camarades tombent. Je me demande comment je tiens encore debout. Soudain, c'est la fin. Un obus tombe près de moi. Je suis projeté dans une mare de boue. je m'engouffre. L'air se fait rare. Je me dis que c'est mon heure. Tant mieux. Un visage familier s'approche de moi. Rose, que fais-tu là? Je vais mourir, ici? sans avoir goûté une dernière fois à tes lèvres?"
"Je dois soutenir Albert quand une balle rencontre son bras. Il crie. Très fort! Mais nous devons continuer encore et encore, jusqu'à la tranchée.   "
"C'est horrible, je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je suis devenu une machine à tuer."
"Je nage dans la boue.  Je pense à ma mère, à ma soeur, à mon père. Je ne leur ai même pas dit au revoir."
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"Jean et moi, nous buvons, sans penser à ce qui va se passer à l'extérieur, du côté des Boches. Mon coeur palpite, c'est l'heure de partir défendre la patrie. Hier, plusieurs de nos camarades ne sont pas revenus du combat..."
"Je sens une douleur atroce me ronger la jambe. Je ne sais pas si je suis mort. Un monstre sur pattes me mange, me dévore...je sais que je délire mais la douleur est tellement atroce que je ne peux pas cesser d'y penser. Elle monte, elle monte encore...elle est gigantesque et elle me glace le sang".
"Je regarde la scène, recroquevillé sur moi-même. Des corps gisent, déjà mangés par les rats. la mort est partout dans chaque recoin. J'ai peur, oui j'ai peur! Ce ne sont pas des tranchées pour nous protéger...mais bien les profondeurs de l'enfer!"

Le retour

"Demain, je rentre chez moi. Du moins, c'est ce que je veux. Faut pas être humain pour nous envoyer dans un merdier pareil...Je t'ai raconté l'histoire de la godasse? Sûrement, peut-être en même temps que la mort d'Hervé.
Demain, je rentre chez moi. je suis resté tapi trois jours en position foetale dans un trou que j'ai moi-même creusé. Je ne suis plus en état de combattre".
"Demain, je rentre chez moi. Revoir ma famille, mes amis d'enfance, car oui, je suis le seul de mon village à être parti. Et Marie? Ma chère Marie, comment va-t-elle me trouver? M'aimera-t-elle encore? Osera-t-elle me toucher?
"je gis dans un hôpital, - si on peut appeler cela un hôpital. C'est un vieil entrepôt de mécanique dans lequel sont installés des lits de fortune. Trois jours que je suis là. On m'a coupé le pied, il était trop abîmé. Rose, je suis là tout seul...pourrais-je un jour remarcher? J'attends ma lettre de guerre pour savoir si je suis encore apte au front"
"Demain, je rentre chez moi. Je vais enfin revoir ma femme, ma soeur, ma mère, mon père...Ma ferme, mes champs. (...) J'ouvre les yeux et je commence à me demander si ma place n'est finalement pas au front avec Albert, et les autres, qui sont aussi laids que moi."
"Après trois ans à pourrir dans les tranchées, j'ai enfin obtenu une permission. Demain, je rentre chez moi. J'ai dix-sept ans mais j'en parais 40. 
"Demain, je rentre chez moi. C'est un miracle, mon camarade vient de mourir, mais je suis en vie. Des images me viennent à l'esprit, celle de ma mère, celle de ma femme enceinte au moment de la mobilisation. Plusieurs questions se bousculent dans ma tête: est-ce une fille? ou un garçon peut-être? L'angoisse monte...et s'ils étaient morts....comme Jean."

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