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dimanche 3 janvier 2016

Une très belle (longue) nouvelle année à vous!

Pour bien commencer l'année, un peu de Sénèque? De la Brièveté de la vie? De la vie heureuse? Histoire de profiter de la vie l'année prochaine!
Un peu de lecture...ou à écouter!
Belle année à tous
 Je laisse la parole à Sénèque:
Non : la nature ne nous donne pas trop peu : c'est nous qui perdons beaucoup trop. Notre existence est assez longue et largement suffisante pour l'achèvement des œuvres les plus vastes, si toutes ses heures étaient bien réparties. Mais quand elle s'est perdue dans les plaisirs ou la nonchalance, quand nul acte louable n'en signale l'emploi, dès lors, au moment suprême et inévitable, cette vie que nous n'avions pas vue marcher, nous la sentons passée sans retour. Encore une fois, l'existence est courte, non telle qu'on nous l'a mesurée, mais telle que nous l'avons faite ; nous ne sommes pas pauvres de jours, mais prodigues. De même qu'une ample et royale fortune, si elle échoit à un mauvais maître, est dissipée en un moment, au lieu qu'un avoir médiocre, livré à un sage économe, s'accroît par l'usage qu'il en fait; ainsi s'agrandit le champ de la vie par une distribution bien entendue.
Pourquoi nous plaindre de la nature? Elle s'est montrée généreuse. La vie, pour qui sait l’employer, est assez longue. Mais l'un est possédé par l'insatiable avarice ; l'autre s'applique péniblement à d'inutiles labeurs ; un autre est plongé dans l'ivresse, ou croupit dans l'inaction, ou s'épuise en intrigues toujours à la merci des suffrages d'autrui, ou, poussé par l'aveugle amour du négoce, court dans l'espoir du gain sur toutes les terres, sur toutes les mers. Dévorés de la passion des armes, certains hommes ne rêvent que périls pour l'ennemi, ou tremblent pour eux-mêmes; ceux-ci, pour faire aux grands une cour sans profit, se consument dans une servitude volontaire. Ceux-là, sans nul relâche, ambitionnent la fortune d'autrui ou maudissent la leur. Le plus grand nombre, sans but déterminé, sont les jouets d'un esprit mobile, irrésolu, mécontent de soi, qui les promène de projets en projets. Quelques-uns ne trouvent rien qui leur plaise et où ils doivent diriger leurs pas : engourdis et baillants, la mort vient les surprendre ; tant cette sentence, échappée comme un oracle de la bouche d'un grand poète est à mon sens incontestable :
De notre vie, hélas! la plus grande partie
Est celle où nous vivons le moins.
Tout le reste n'est point vie, mais durée.
 
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