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dimanche 20 décembre 2015

La littérature jeunesse à l'université

Cette semaine, retour aux sources:  à l'université Paul Valéry de Montpellier.
Les magnolias y sont toujours aussi beaux. Les locaux de la bibliothèque sont toujours de vétustes bâtiments des années 70, aux grand plafonds froids et aux vieilles moquettes moches. Le bâtiment H est toujours drapé de sa peinture révolutionnaire. Seuls changements notables on peut désormais recycler ses gobelets quand on boit un café...et on y étudie la littérature jeunesse. 
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Je suis donc allée à l'université parler de littérature jeunesse.

J'ai été accueillie par un groupe d'étudiants de deuxième année qui avait studieusement préparé ma venue. Des étudiants très chaleureux et qui avaient plus d'une question pertinente à poser!

Vaste programme que celui qui consiste à faire entrer la littérature jeunesse sur les bancs de la fac!

Il faut déjà admettre un préliminaire qui ne coule pas de source: la littérature jeunesse est-elle digne d'être un objet d'étude, parce qu'elle est littérature? (hypothèse 1) ou parce qu'elle est spécifiquement jeunesse? (hypothèse 2) (ou n'est-elle digne de rien de tout cela - hypothèse refusée...arbitrairement)

Forcément de cette posture initiale, découle tout le reste...toutes ces questions qui nous hantent dans nos interventions au quotidien et dans notre pratique d'auteurs : avons-nous une responsabilité à écrire pour la jeunesse (hypothèse 2 ) ou ...est-ce une littérature à part entière avec toutes ses lettres de noblesse?  (hypothèse 1) (l'opposition sempiternelle entre des livres à messages, des livres écrits pour la jeunesse et des livres exempts de toute autre finalité. De la littérature point. )

Finalement, est-ce que ce n'est pas un faux débat?  (pour ceux qui veulent de vraies antinomies, je leur recommande la lecture de la Critique de la raison pure.. là, je vous assure, ça coince!)

J'ai l'impression qu'on peut combiner les deux approches...je me suis même tout particulièrement appliquée à répéter aux étudiants présents que la littérature jeunesse était une sorte d'ouvroir à la littérature...un laboratoire...une possibilité folle et sans cesse renouvelée de dépasser les frontières du vraisemblable, de poser comme une évidence ce qui n'est que fiction.  
L'exemple le plus intéressant que j'ai relevé à ce sujet est sans doute Les larmes de l'assassin d'Anne Laure Bondoux: l'histoire d'un jeune homme qui devient ami avec l'assassin de ses parents. Quoi de plus invraisemblable? Et quoi de plus romanesque? Embarquer des enfants dans cette histoire, c'est sans doute le vrai défi.
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J'ai l'impression d'avoir une fois touché du bout des doigts ce que pouvait être une littérature jeunesse. J'avais envoyé le manuscrit de  Coeur de hibou à un éditeur qui m'a répondu: c'est tout de même un peu fort de café, un hibou qui recueille un louveteau...C'est sans doute prétentieux, .mais je crois bien que quand on fait croire à des enfants qu'un hibou peut devenir le père adoptif d'un louveteau, on fait un saut dans l'enfance...et un pas (un tout petit pas, certes) dans la littérature. 
 

Voilà, on s'est bien amusés à rester dans l'enfance...et à plonger tout de même dans la littérature!

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